Une opinion un peu différente et actualisée sur l'orthographe

Une chronique publiée le 17 mars 2025

L'orthographe, ce vieux débat qui n’en finit jamais… Et pourtant, soyons honnêtes : on ne parle jamais vraiment de l'orthographe, mais plutôt de ce qu'elle révèle de nous. Dans cette chronique, nous explorons ce que j'appelle les « sens secondaires », ces compétences non mesurables que nous possédons tous à des degrés divers, mais que l'école oublie parfois (souvent) de valoriser.

Une opinion un peu différente et actualisée sur l'orthographe

« L’orthographe, ça sert à rien. »

Je ne vais pas rentrer dans ce débat-là, mais j’aimerais apporter un éclairage différent sur ce que l’on en dit habituellement. 🤏🛋️

🥜 Trop long ; d’où résumé (TL;DR) 🥥

À mes yeux, que l’on valorise en pratique la bonne orthographe ou non, je pense qu’elle reste une compétence qui « dit quelque chose » de quelqu’un. En l’occurrence, elle dit que cette personne a une certaine facilité cognitive à « retenir des règles et des exceptions » à partir de lettres qu'elle voit sans cesse et partout, et à « former son œil » pour les reconnaître très facilement, au point que cela peut devenir une sorte d’intuition, et non plus un effort à fournir.

👻 Un peu trop long ; mais ça va 👻

En particulier, lorsque je vois qu’une personne écrit une même tournure tantôt sans faute, tantôt de façon erronée, je me dis : « Mais enfin, il le fait exprès ? » 

Pourtant, avec un peu de recul, je trouve cette réaction stupide. Se tromper dans les détails, souvent illogiques, de l’orthographe, ce n’est pas du tout un défaut. Ça veut simplement dire que celui-là n’en a que faire, de savoir s’il manque un « s » à tel ou tel mot ; l’essentiel est que le message passe, et efficacement. 

Aucun problème dans ce raisonnement, donc, mais cela ne m’empêche pas d’en trouver l’observation amusante, parce que ces mêmes personnes sont souvent capables, en contrepartie, de faire des choses autrement plus complexes dans leur métier, ou de retenir des quantités d’informations impressionnantes, sans doute parce que cela mobilise d’autres compétences et/ou d’autres centres d’intérêt.

🛠️ Les « sens secondaires » 🧭

Hé, on fonctionne tous un peu comme ça, en fait, et c’est bien normal. Seulement, l’orthographe est considérée comme « importante » à l’école, tandis qu’on relègue souvent au second plan la capacité à avoir une bonne représentation de l’espace (3D), un bon sens de l’orientation ou un bon sens pratique. D’un point de vue purement scolaire, j’ai eu de la chance là-dessus : j’ai trois mains gauches, il m’arrive de me perdre dans ma maison, et je suis incapable de conduire une voiture ayant le volant à droite, ou d'ouvrir un œuf sans qu'un bout de coquille se retrouve dans l'omelette… Mais allez, en contrepartie, j’arrive à épeler huit mots sur dix correctement. 👍🤏

C’est dans ce sens-là (héhé) que j’ai nommé mon recueil de nouvelles Les Pros et les Cons : on est tous parfois des pros, parfois complètement cons, ça dépend des domaines. Mettez-moi un instrument, n’importe lequel, entre les mains, et vous verrez ce qu’est la connerie musicale. 🎺

Bon, petit retour sur ces « sens » que l’on a ou que l’on n’a pas. Reprenons l’exemple du sens de l’orientation : il ne nous est pas absolument nécessaire (surtout quand des machines peuvent l’incarner, en partie, pour nous), mais nos copains qui en sont dotés partent avec un petit bonus sympathique. Leur orientation fine peut leur permettre de gagner un temps dingue et d’économiser de l’énergie, entre autres avantages – du moins dans certaines circonstances bien spécifiques. L’orthographe, à côté, ne sert à rien en soi ; elle n’est utile que par rapport à autrui – si cet « autrui » y prête lui-même attention, s’entend… donc là aussi, dans des situations de niche.

😴 Unpopular opinion 🥴

Parmi tous ces « sens » secondaires, le seul qui soit, au mien, absolument indispensable, est celui de l’humour. Certains disent même que c’est le propre de l’homme ; je ne sais pas, mais je crois que c’est ce que nous avons de plus précieux. Même au boulot, même sur Facebook : pouffons pour une bêtise, faisons un squat devant les collègues, sans autre motivation que le rire ou l’absurde.

Et comme personne ne lira ce post (beaucoup trop long !) jusqu’ici, je peux me lâcher. Attention, ça vient : plutôt que d’exiger des enfants qu’ils n’omettent surtout pas la cédille dans des mots utilisés une fois l’an, ou qu’ils résolvent au plus vite des équations du second degré, élevons leur sens de l’humour à cette puissance dès le plus jeune âge. En bref : apprenons-leur à prendre la hauteur sur le monde !

Un monde cruel, où les GPS se fichent que votre volant soit à gauche ou à droite...